Vendredi 11 mai 2012
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Suite des aventures de Charly au pays des cigognes...
UNE BIEN LONGUE ATTENTE
Allais-je avoir cette chance de rencontrer Charly ? Je nageais à la fois dans le
bonheur et la tristesse. Je savais la séparation proche ! CHARLY serait guéri ! Requinqué, resplendissant, étincelant comme un soleil ! Le soleil de son blason, le soleil qui le
protégeait lui et sa bonne ville. Monsieur le Duc se devait d’être rayonnant et solide, après toutes les attentions qui lui auraient été prodiguées le temps de cette cure de longue durée (deux
mois quand même de cure de Lentilles d’Heimsbrunn) ?
Il ne fallait pas qu’il l’apprenne, j’avais pris des risques à le surprendre avant le
rendez-vous ; il était bien pâle lors de ma visite incognito à la Cure ! Pâle et brillant à la fois, en pleine anesthésie, il me fût facile de lui toucher la main. Quel géant !
Glacées étaient ses mains ; mais son cœur brûlant ! Je me sentis toute petite ! Jamais je ne l’aurais imaginé si grand, pas plus que je n’aurais imaginé tous ces détails de son
habit, de son couvre-chef, de ses bottes presque de sept lieues ! C’est fou ce qu’à quelques centimètres l’on découvre ! Fallait-il qu’il fût bien endormi pour que je puisse l’observer
de si près ! Chut ! Gardez ceci pour vous !
Cet homme solide, en lutte à l’épreuve du temps serait âgé de 426 ans !
Serait-ce ma vue ? Non, non, il paraît n’avoir que la trentaine, pas plus ! Les opérations esthétiques parfois font des miracles ! la preuve ! Il n’en était qu’au début
des soins. Je me retirai avec précautions, jamais il ne pourrait imaginer que je l’avais vu étendu, tartiné d’onguents, rincé, grenaillé, décapé et brillant comme du vif-argent ! Il ne
serait pas très content de l’apprendre ! Enfin, le Mardi suivant, Monseigneur me fit porter une invitation par courrier spécial à cheval, m’invitant à le rejoindre, avant son voyage
(couchette classe XXL ) qui le ramènerait en son Duché Carolopolitain où l’attendait son peuple aimé pour les Grandes Fêtes du 400ème Anniversaire.
Hé oui, il n’avait que 26 ans lorsqu’il entreprit de fonder CHARLES-VILLE et faire
ériger les merveilleux bâtiments que l’on doit au célèbre architecte Clément Metezeau concepteur de notre Place Ducale Carolomacérienne. Et qui n'était autre que le frère de Louis Metezeau
1er, architecte du Roi, et qui avait construit précédemment la Place Royale de Paris, aujourd’hui Place des Vosges et sœur jumelle aînée de la nôtre. D’où cet air de famille entre les deux
places ! À Charleville, le Palais du Duc qui devait s’ouvrir sur une Place d’un parfait ordonnancement architectural : arcades, 28 pavillons dont 4 avec dôme ; 4 rues en croix
partant vers les 4 Portes de la ville, ne fût jamais terminé. Mais un peu tristounette quand même notre belle Place Ducale depuis que Monseigneur s’est retiré au
Point-Central !
Malgré les méfaits de guerre, il nous reste aujourd’hui presque tout ce que Monseigneur
Charly avait érigé. Le presque Palais Ducal devenu Hôtel de Ville dont le carillon du Beffroi égrène les notes du « Chant du Départ » à chaque heure qui passe et qui aurait amusé Le Duc ! Avec ses dauphins,
et ses lions, la fontaine déplacée ne tarira jamais d’éloges à l’adresse de Monseigneur Charly dont elle se plaira à rafraichir la mémoire sitôt que celui-ci aura retrouvé sa noble place au
Point-Central. La fontaine désormais orpheline s’est tarie d’ennui !
Je m’égare, je m’égare, j en oublie mon bellissime Duc
Charly !
J’avais bien sûr accepté la noble invitation, et me préparais, aïe, aïe, encore des
révérences, répétitions obligées ! aïe, aïe mon lumbago ! Et tous ces atours dont il fallu nous affubler (notre petite délégation de déracinés ardennais), pour faire
« d’époque » … nous devions assurer… L’instant du Noble Rendez-vous se dessinait… Quel stress ! On respira à fond ; on se calma, nous allions devoir assurer
!
A suivre…
Claudine RICADA