Lundi 15 décembre 2008
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Nous sommes maintenant dans le quartier de Mohon dans le sud de la ville...
Étienne Dolet (Orléans, 3 août 1509 – Paris, 3 août 1546) est un écrivain, poète,
imprimeur et humaniste français.
Une tradition douteuse fait de lui le fils illégitime de François Ier, mais il est certain qu'il est issu d'une famille de haut rang. Il vit à Orléans jusqu'à l'âge de
douze ans, puis part en 1521 pour Paris où il étudie pendant cinq ans auprès de Nicolas Bérauld, professeur de Coligny.
En 1526, il se rend à Padoue. La mort de son maître et ami Simon de Villanova l’amène à accepter en 1530 le poste de secrétaire de
Jean de Langeac, évêque de Limoges et ambassadeur de France à la république vénitienne. Il s’est cependant arrangé pour assister aux conférences du maître vénitien Battista Egnazio et a trouvé le
temps d'écrire des poèmes d’amour en latin à une Vénitienne du nom d’Elena.
À son retour en France, il étudie le droit et la jurisprudence à l’université de Toulouse, mais il est impliqué, par son humeur
turbulente, dans de violentes disputes entre groupes d'étudiants. Il est emprisonné et finalement banni par un décret du parlement en 1534.
En 1535, il participe aux listes contre Érasme dans l'affaire de la controverse sur Cicéron et, grâce à l’imprimeur Sébastien Gryphe,
publie le Dialogus de imitatione Ciceroniana, suivi des deux volumes du Commentariorum linguae Latinae. Cet ouvrage est dédié à François Ier, qui lui
accorde pour dix ans le privilège d’imprimer tout ouvrage en latin, grec, italien ou français, de sa plume ou sous sa supervision. Il obtient aussi une grâce lors de l'homicide accidentel le 31
décembre 1536 du peintre Compaing qui, dit-il, voulait l’assassiner. Il alla s'établir imprimeur à Lyon.
Il peut ainsi se mettre au travail et il édite Galien, Rabelais, Marot. Il n’ignore pas les dangers auxquels il s'expose. Cela se voit
non seulement par le ton de ses textes, mais également par le fait qu’il a essayé d’abord de se concilier ses adversaires en éditant un Christianus de Caton, dans lequel il faisait sa
profession de foi. Cette catholicité de façade, malgré son ultra-cicéronisme, transparaît dans les ouvrages sortis de ses presses, antiques et modernes, religieux ou laïcs, depuis le Nouveau
Testament en latin jusqu'aux textes de Rabelais.
Mais avant que son autorisation d’imprimer n’expire, il s'attire à Lyon de nouvelles difficultés par son caractère satirique et par la
publication d'ouvrages entachés d'hérésie. Son travail est interrompu par ses ennemis qui le font emprisonner en 1542 sous l’accusation d’athéisme.
Après un premier séjour en prison de quinze mois, il est relâché grâce à l’intervention de l'évêque de Tulle Pierre Duchatel.
Emprisonné une seconde fois en 1544, il s’échappe par ses propres moyens et se réfugie dans le Piémont.
Mais il revient imprudemment en France en pensant qu’il pourrait imprimer à Lyon des lettres pour en appeler à la justice du roi de
France, de la reine de Navarre et du Parlement de Paris. Il est à nouveau arrêté et jugé athée évadé par la faculté de théologie de la Sorbonne.
François Ier, qui l'avait d'abord protégé, l'ayant abandonné, il fut amené de Lyon à Paris pour y subir le
supplice. Le 3 août 1546, il est torturé, étranglé et brûlé avec ses livres sur la Place Maubert. Il aurait composé ce pentamètre sur le chemin du bûcher : Non dolet ipse
Dolet, sed pia turba dolet (« Ce n’est pas Dolet lui-même qui s’afflige, mais la multitude vertueuse »).
Son crime était, selon les uns, d'avoir professé le matérialisme et l'athéisme, selon les autres, de s'être montré favorable aux
opinions de Martin Luther.
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