Mercredi 14 janvier 2009
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Entre 2001 et 2008, La Pellicule ensorcelée a projeté 217 films en 102 séances dans une trentaine de villes et villages champardennais, touchant 11.000
spectateurs.
Le travail de La Pellicule ensorcelée (LPE) n'est-il qu'une goutte d'eau dans l'océan cinématographique français ? Peut-être, mais sans cette association créée à
Charleville-Mézières par Jérôme Descamps et un petit groupe de passionnés, ces films (des courts métrages d'auteurs pour la plupart) n'auraient jamais atteint leur destinataire, c'est-à-dire le
public. En tout cas, pas dans notre région…
Des associations comme LPE, il y en a d'autres en France mais celle-ci a un fonctionnement suffisamment original pour que le très sérieux mensuel Les Cahiers du Cinéma lui consacre plusieurs
pages dans son numéro de janvier 2009. L'occasion coïncidait aussi avec la tenue la semaine dernière à Paris des premiers Etats généraux de l'Action Culturelle Cinéma et Audiovisuel, au cours
desquels Jérôme Descamps est d'ailleurs intervenu devant 250 professionnels (exploitants, distributeurs, associatifs, agences, ou festivals y compris ardennais comme les Enfants du Cinéma qui
fait preuve du même type de militantisme culturel, etc.) pour parler de l'expérience de LPE.
« Les films les moins armés financièrement ont de plus en plus de difficultés à exister », explique Jérôme Descamps. Celui-ci y voit entre autres la conséquence du désengagement de l'Etat.
Les collectivités régionales, territoriales et locales prennent le relais, « c'est à cela que doit servir l'argent public », argumente Jérôme Descamps, mais la formule reste fragile, à défendre
chaque année.
Dans le cas de LPE, en plus de la Drac (Etat), la Région, le Département et la ville de Charleville-Mézières subventionnent : le budget annuel est de 210.000 euros qui financent principalement
les salaires (trois emplois aidés permanents et deux intermittents du spectacle)
Preuve que l'action de LPE a rencontré depuis sept ans un réel écho auprès du public, l'association réalise 55 % de son budget en recettes propres et 45 % en subventions. « Mais dès que les
subventions diminuent, on le sent… En 2008, l'Etat a baissé son aide de 3.000 euros. »
La question principale pour des associations comme celle de Jérôme Descamps reste celle de la diffusion par des exploitants.
Pas question de refuser la médiathèque de Reims, surtout lorsque la ville décide (et finance) la gratuité de la séance mais à Charleville-Mézières, il est important que la séance mensuelle de
courts métrages se déroule « dans un lieu identifié cinéma » (en l'occurrence le Metropolis), « dans le confort d'une vraie salle ».
Cela dit, LPE enregistre depuis quelques années une baisse de fréquentation de sa séance mensuelle carolo. D'environ 150 entrées, la moyenne est tombée à la moitié. Jérôme Descamps constate «
l'érosion » et pense que la séance a « mal supporté » le passage de l'antique Forum au très moderne Metropolis, en y perdant peut-être son côté pionnier et artisanal des débuts. L'un des
challenges de 2009 va justement être de reconquérir ce public.
La LPE a le projet de continuer d'aller projeter des films dans des lieux inhabituels (exemple, dans une grange à Poix-Terron récemment, dans les festivals comme le Cabaret Vert, dans des
entreprises, des médiathèques, etc.). Et par des moyens originaux comme sa Caravane Ensorcelée (qui reste unique en France) avec son catalogue d'une centaine de courts métrages.
Elle sera présente fin janvier au festival du court métrage de Clermont-Ferrand avec dix films « aidés » par la Champagne-Ardenne. Une « carte blanche cinéma » à une personnalité va être
instaurée une fois par trimestre : première invitée, Muriel Mayette, administratrice générale de la Comédie Française. Les grandes « fresques » continueront une ou deux fois par an : prochain
rendez-vous avec l'intégrale des Parrain de Coppola. Jérôme Descamps vient de terminer le tournage de son dernier court métrage (30 mn), Les ongles noirs, une adaptation de la nouvelle de
Rimbaud, Un cœur sous une soutane. On espère le voir bientôt à Charlestown.
Enfin, la LPE n'a pas l'intention d'augmenter ses tarifs : 5 euros la séance depuis 2001 ! Jérôme Descamps pense que le prix des places de cinéma en général est un « vrai problème ».
Prochaine séance courts métrages au Metropolis ce mardi 13 janvier à 19 h 30 en présence du réalisateur Pierre Pinaud. Projection des films récemment tournés dans les Ardennes (Entre ses doigts
de Grégoire Graesslin et L'Autre monde e Romain Delange) le 28 janvier 20 h au Metropolis et le 29 janvier 19 h au Manège (Givet).