Mercredi 11 juin 2008
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Par Le Carolo
C'est dans le quartier de Mohon (rue Anatole-France) que sera érigée la future mosquée de Charleville. Coût du projet : 2 millions d'euros. Le financement sera
exclusivement privé.
LES premières esquisses sont l'œuvre d'un architecte parisien. Le style est délibérément oriental, et deux parties distinctes sont visibles : une mosquée et un centre culturel. L'ensemble est
assez spectaculaire.
« Les locaux de la rue de la Fonderie (à Mézières) sont devenus bien trop exigus. Cela posait des problèmes de stationnement et de circulation. Et pour certaines cérémonies, nous étions
obligés de louer le parc des expositions… » explique Lahcen Zouitane, président de l'association de la Mosquée de Charleville.
D'où l'idée, en 2006, de lancer le projet d'un nouveau lieu de culte musulman, doublé d'un centre culturel (avec salles de réunions, bibliothèque) ouvert lui aux non-musulmans.
L'association a vu grand. « On accueille parfois de 500 à 1.000 fidèles » précise Lahcen Zouitane. Fallait-il ensuite trouver un terrain suffisamment vaste pour qu'à côté des bâtiments,
un parking puisse être aménagé. Le choix a fini par se porter sur une ancienne friche de la rue Anatole-France, dans le quartier de Mohon (de l'autre côté des voies SNCF, en direction de
Villers). « L'ensemble fait 4.600 m2. A terme, il y aura 2.000 m2 de bâti. L'idée est d'avoir suffisamment d'espace pour ne provoquer aucune gêne pour le voisinage. »
Des réunions de travail avec la ville et l'architecte des Bâtiments de France ont déjà eu lieu. C'est pourquoi les premières ébauches seront sans doute amendées.
Mais l'essentiel est que le style demeure, et qu'un minaret symbolise la vocation du lieu. « Si tout va bien, la démolition des anciens bâtiments ayant déjà été réalisée, les premiers coups
de pioche pourraient avoir lieu avant la fin de l'année. Après, il faudra compter 2 à 3 ans de travaux. En fonction aussi de la trésorerie » note prudemment le président.
« Contrairement à ce qui a pu se faire ailleurs, non seulement aucun centime d'argent public, mais aucune demande non plus de notre part pour une aide extérieure (c'est-à-dire en provenance
d'un pays étranger)… Nous comptons sur la seule générosité de la communauté des Ardennes. »
Pour autant, un appel circule aussi sur Internet.
Des emplois créés
Conscient du contexte (et d'éventuelles réactions négatives), le dirigeant de l'association joue la carte de la transparence.
« Nous souhaitons une intégration harmonieuse et dans le paysage, et dans la société : nous suivons à la lettre les procédures. »
Cerise sur le gâteau, à terme, des emplois pourraient être créés. De gardiennage et d'animation, puisque le centre culturel aura vocation « à se tourner vers des jeunes trop souvent en
déshérence ».
Premier adjoint, Philippe Pailla confirme que des réunions techniques ont eu lieu avec les services de la ville concernés (urbanisme). Il confirme aussi que pas le moindre centime d'euro ne sera
accordé. Sur le fond, il estime « légitime que les musulmans puissent exercer leur culte dans des conditions décentes.
Quant à l'aspect technique (architecture, sécurité, stationnement), le dossier est instruit comme n'importe quel autre. »
Reste à faire en sorte que l'implantation de cette mosquée ne provoque pas de crispation chez les riverains et dans la population en général.
« Un
premier travail en amont a été fait auprès du conseil d'habitants. Il faudra continuer et expliquer.
Je ne voudrais pas non plus qu'il s'agisse d'une ville dans la ville, bref d'un pas vers une forme de communautarisme.
La présence d'un centre culturel, voire de commerces ouverts à tous, va, il me semble, dans le bon sens… »
Publié dans : Culture/Musées
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