Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /2008 01:00

Judicieusement situé à l'entrée du square de la gare, immortalisé dans le poème « A la musique », le buste de Rimbaud a connu une histoire mouvementée. Et ce n'est pas fini !

La formule est connue : de Charleville, Arthur Rimbaud a dit qu'elle était « supérieurement idiote ». Toutefois, le poète n'a eu de cesse de fuir Charlestown et les Ardennes que pour toujours y revenir.
Dans sa ville natale, deux musées lui sont consacrés : le « classique » musée Rimbaud, bien sûr, qui devrait dans les prochaines années subir un lifting bienvenu, mais aussi la Maison des Ailleurs, une invitation au voyage poétique dans l'immeuble où l'adolescent résida avec sa mère et ses frère et sœurs de 1869 à 1875. Une période décisive. Leur visite s'impose.
Mais on peut aussi croiser l'ombre du poète dans différents lieux de la ville. Sa maison natale (actuelle rue Bérégovoy), l'ancien collège, le café de l'Univers. Sans oublier la tombe, véritable lieu de pèlerinage de toute la Rimbaldie.
Mais un lieu mérite aussi l'attention : le célébrissime square de la gare, immortalisé dans « A la musique », avec ses « pelouses mesquines ». On dit que le poète écrivit ces lignes assassines en mémoire d'après-midi où sa mère le traînait pour écouter les orchestres qui se produisaient sur le noble kiosque.
A quelques pas, donc, désormais, trône le buste de Rimbaud. Toute une histoire…
Le premier, sculpté par… Paterne Berrichon, fut inauguré en juillet 1901, érigé à l'initiative d'un comité parisien présidé par l'historien ardennais Jean Bourguignon.
On rapporte que la mère Rimb'et la sœur d'Arthur, Isabelle boudèrent la cérémonie. Mais son frère Frédéric en était. Quoi qu'il en soit, le buste fut enlevé par l'occupant allemand en 14-18.
Qu'à cela ne tienne, on en commanda un second, œuvre d'Alphonse Colle, dévoilé en grande pompe en octobre 1927. La manifestation fut perturbée par la distribution d'un tract surréaliste titré « Permettez » (imprimé sur du papier rouge sang, précise le biographe Pierre Petitfils), dans lequel Breton et ses amis s'insurgeaient contre cet hommage très et trop officiel. Ils prédirent rageusement le même sort à ce buste qu'au premier. Ils avaient vu juste. Un troisième buste fut donc inauguré en 1954, dû cette fois à Louis Dumont. Pas de manifestation, ce jour-là, mais le ministre de l'Education qui passa en revue un détachement du 3e Régiment du génie. Bref, un tantinet surréaliste quand même.
L'histoire du buste du square n'est pas achevée. Dans le cadre des travaux du pôle multimodal, il sera mis en valeur « devant la terrasse des voyageurs sur laquelle des pierres seront gravées d'extraits de poèmes… »

Publié dans : Tourisme - Communauté : Les blogs citoyens
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Commentaires

pas banal cette histoire de buste,bel article, bonne journée bye A bientôt sur http://dany.enchine.over-blog.com/
Commentaire n°1 posté par Dany le 23/07/2008 à 01h05
quelle histoire avec ce buste bon mercredi amities qing et rene
Commentaire n°2 posté par neinei le 23/07/2008 à 03h21
1er bisou du jour avant d'aller prendre mon train ! A+++++++++++
Commentaire n°3 posté par Talant le 23/07/2008 à 07h36
Suis la 2éme ce matin !!!
Commentaire n°4 posté par Talant le 23/07/2008 à 07h38
Je ne savais pas l'épopée du buste de Rimbaud, tu me permets d'enrichir ma culture sur Charleville. Gros bisous. Elsa
Commentaire n°5 posté par Elsa le 23/07/2008 à 09h28
Merci pour cet article qui m'en apprends encore un peu plus Amitiés, Flo
Commentaire n°6 posté par Flo-Avril2 le 23/07/2008 à 10h27
Un petit coucou pour te souhaiter une belle journée Bisous
Commentaire n°7 posté par Corinne le 23/07/2008 à 11h59

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