Mercredi 30 juillet 2008
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Par Le Carolo
A Aiglemont, elle fait partie des « anciens ». Le patrimoine aiglemontais, Micheline Coffart le connaît.
Et elle y tient, à tel point qu'elle s'est lancée, il y a 9 ans, dans une ambitieuse entreprise de rénovation du lavoir communal.
Bâti en 1856, ce dernier se trouvait dans les années 1990 à l'abandon. « Il était en ruine, il ne restait pas grand-chose du toit et la végétation avait poussé sur les pierres. Seule la charpente
était intacte ! », se souvient Micheline.
Six ans de travaux
En 1999, la commune met le lavoir en vente. « Mon mari, décédé il y a 30 ans, me disait toujours : le jour où le lavoir sera mis en vente, il faudra l'acheter. Alors je n'ai pas hésité ! »
Micheline fait alors, à 71 ans, un emprunt pour commencer de retaper le toit en ruine. Et pendant 6 années, la veuve rénove ainsi tout le bâtiment, de son parterre pavé à la toiture en passant
par les pierres.
Les travaux, qui ont pris fin il y a trois ans, ont donné à Micheline « beaucoup de vie ». Depuis 3 ans, cette dernière a en effet aménagé tout l'intérieur du bâtiment pour y recréer une
atmosphère de l'« ancien temps », y exposant les instruments dont se servaient les laveuses (lessiveuses, bouilleuses, battes et autres bacs de lavage) et quelques vêtements typiques de la vie
rurale du début du siècle.
« La porte est ouverte à tous »
Et Micheline accueille toutes les personnes qui souhaitent visiter le lavoir, ravie de se mettre à nouveau à savonner et battre le linge. « J'ouvre la fontaine à tout le monde ! »
Ce sont souvent des groupes scolaires qui passent ici, posant à l'Aiglemontaise mille questions sur la vie et les us et coutumes du début du siècle. « Les enfants me demandent souvent : Madame,
vous lavez encore votre linge comme ça ? », s'amuse-t-elle.
L'année dernière, ce sont ainsi 255 personnes qui sont venues voir le lavoir de Micheline. Celle-ci, « fière » d'avoir pu réaliser un vieux rêve, déclare recevoir de nombreuses lettres de
remerciement de visiteurs et de « beaux compliments ».
Si l'envie vous prend de visiter son lavoir, Micheline se fera un plaisir de vous ouvrir sa porte.
Gautier Lekens
Micheline Coffart. 23, rue Joliot Curie, 08090 Aiglemont.Micheline Coffart, une Aiglemontaise de 80 ans, a racheté en 1999 le lavoir communal avant de le transformer en mini-musée. L'an dernier,
près de 300 personnes sont venues le visiter !Micheline a, sur ses propres deniers, racheté le lavoir et tout rénové. Une manière de faire vivre le patrimoine.
Elle se définit elle-même comme une « vieille Aiglemontaise ». Micheline Coffart a 80 ans, et elle a, toute sa vie durant, vécu à Aiglemont, où vivaient également ses parents et ses
grands-parents.
Autrefois retoucheuse chez Troussel, au chef-lieu, Micheline s'est mariée à 21 ans, et a eu 3 enfants.
Après la mort de son mari, alors qu'elle avait 50 ans, l'Aiglemontaise commence à travailler, jusqu'à l'âge de la retraite, comme femme de service chez les abbés, place Winston-Churchill, avant
de racheter le lavoir communal.
Cet épisode de la retraite de Micheline répond tout d'abord à la volonté de réaliser un ancien désir de son défunt mari. Mais plus encore, Micheline cherche par cet acte à « faire revivre le
patrimoine aiglemontais », puisque la bâtisse en question tombait alors en ruine, et que les projets d'autres éventuels acheteurs ne laissaient rien entrevoir de positif pour la rénovation à
l'identique de la fontaine.
Organiser des visites du lavoir a permis à l'Aiglemontaise de « retrouver de la vie », elle qui se dépeint comme quelqu'un d'un peu timide.
Le plus beau rêve de Micheline serait que son lavoir soit maintenu à l'identique et surtout « que le patrimoine ne parte pas d'Aiglemont ».