Jeudi 7 août 2008
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11:45
Par Le Carolo
L'odyssée de Woinic à travers le département donne tout son sens à l'expression grande fête populaire : chaque étape franchie par le colosse est synonyme de
kermesse : ils étaient encore des dizaines de milliers ce mercredi 6 août à applaudir le convoi qui a effectué sans encombre le trajet Renwez-Signy-l'Abbaye.
Et de deux : après un départ émouvant de son antre de Bogny-sur-Meuse et une première halte à Renwez, Woinic a franchi une nouvelle étape de son grand voyage : en ralliant Signy-l'Abbaye ce
mercredi 6 août, le colosse des Ardennes s'est rapproché de l'aire de repos de Faissault-Saulces-Monclin, où il doit arriver ce jeudi soir.
Mercredi soir, le géant a fait connaître à Renwez les joies des bouchons : le village a souvent eu des allures de tunnel de Fourvières un jour de rush estival. Il furent des dizaines de milliers
à envahir les rues pour tenter d'approcher le colosse. Et jusque très tard le soir.
Des émotions qui n 'ont pas perturbé Woinic. La nuit fut sans doute bonne, puisqu'au petit matin la bête n'a pas bronché. Pas le moindre grognement. Pourtant pendant les quelques heures de repos
passées à Renwez pas question d'aller gambader dans les maïs, pourtant proches, ou de se laisser aller à la moindre pose lascive. Engoncé dans son carcan de poutrelles métalliques, l'animal est
resté droit dans ses bottes d'acier, à califourchon sur sa remorque. On fait plus confortable pour passer la nuit. Mais le géant à l'habitude, ça fait des années qu'il se repose à la façon des
chevaux, debout.
Alors pour le petit étirement du matin, les spectateurs venus voir leur nouvelle star dès potron-minet en ont été pour leurs frais. Par contre pour la photo-souvenir, aucun
risque de flou, de celui qu'on peut habilement qualifier ensuite d'artistique, devant des amis un peu trop moqueurs. Et une fois encore ils étaient nombreux à vouloir prendre la photo de " leur "
Woinic. Le succès populaire se lève tôt.
Le temps d'avaler un petit noir et la caravane des accompagnateurs a repris la route, précédant la curiosité made in Bogny. Dans les voitures, après une première journée un peu hésitante à jouer
de la boîte de vitesses, en essayant tant bien que mal d'éviter de caler, les conducteurs paraissaient moins empruntés. Mais les embrayages s'apprêtaient encore à souffrir.
Finalement, les plus à l'aise, ce sont le marcheurs. Porteurs de la flamme du 08/08/08, ils n'ont pas à forcer leur talent pour respecter la vitesse de croisière du convoi. Il leur faut même
souvent tempérer leur ardeur naturelle. Ces habitués de la rando et des compétitions auraient vite tendance à reprendre un rythme peu compatible avec la tranquille placidité de notre Woinic.
Jouant les divas, il prend son temps, pas peu fier de se laisser admirer par la foule.
Fidèle au poste, ou plutôt à son volant, Patrick Ceffa, le chauffeur du bahut est incontestablement celui qui maîtrise mieux la technique de rouler au pas.
Il est rodé à ce genre de mission périlleuse. Son dernier " exploit " fut le transport d'un engin concasseur de 27 mètres de long et pesant 100 tonnes. Alors à côté, Woinic c'est
quasiment un bibelot...
Par contre il n'est pas habitué à voir autant de spectateurs sur le bord de la route : les pelleteuses soulèvent moins d'enthousiasme. Ni d'être sous le feux des caméras, des micros et des
appareils photos d'une presse avide d'anecdotes et de petits secrets professionnels. Médiatisé, attirant la foule des curieux, ce convoi n'est tout de même pas tout à fait comme les autres. Il
restera dans toutes les mémoires et peut être un peu plus encore dans celle de Patrick. C'est un peu le " bâton de maréchal " de sa carrière, même si elle est loin d'être terminée. Mais il en
faut d'autres pour troubler ce pro des convois exceptionnels. Concentré sur son boulot, il connaît sa feuille de route par cœur, pour mieux anticiper la moindre difficulté, le moindre piège du
profil de la chaussée. Les virages vicieux, les descentes et les montées, il en avait déjà affronté quelques uns et pas des plus simples à négocier, lors de la première étape. Ce deuxième jour,
ce fut bis repetita.
Si certains n'étaient que des mises en bouche, d'autres tenaient du roboratif plat de résistance. Patience et dextérité étaient indispensables à la réussite des manœuvres.
Benoît Huré, le Président du Conseil général a pu le constater concrètement et en direct : après avoir tenu le volant pour une photo souvenir lors de l'arrêt technique au carrefour du
Piquet, à la sortie de Laval-Morency, il s'est à nouveau installé aux commandes du camion. Et cette fois, sous l'œil du chauffeur " officiel ", il a démarré et réellement conduit le convoi sur
quelques centaines de mètres, applaudi par la foule.(notre photo)
Manifestement impressionné, lors de sa descente de la cabine, Benoît Huré a humblement avoué " être bien content d'avoir rendu le volant à Patrick Ceffa "
Mais il a également confié avoir été " admiratif devant la technologie d'assistance à la conduite embarquée à bord et surtout le professionnalisme du chauffeur ".
L'expérience a sans doute aussi permis au Président Huré de découvrir les réalités d'un train de sénateur...
Comme la veille, techniciens de l'EDF et de France Télécom furent également à l'œuvre toute la journée : il leur fallut soulever ou enlever nombre de câbles traversant la chaussée, pour
permettre le passage du convoi, avant de les rebrancher le plus rapidement possible afin de limiter la gêne aux usagers.
Autant d'opérations, qui à l'instar des franchissements de virages, ont attiré la grande foule. Il est vrai que la pluie avait choisi de s'abstenir de contrarier le voyage de Woinic. De toute
manière, ce n'est pas une petite averse qui aurait pu doucher l'enthousiasme des Ardennais. Et mercredi le dieu Râ avait choisi d'être de la partie. Sur les bords de routes, comme dans
les traversées de villages, ils étaient venus en masse pour se forger un souvenir inoubliable et pouvoir dire plus tard " j'ai vu passer Woinic, j'y étais ". Même s'il leur fut souvent nécessaire
de s'armer de patience, leur attente ne fut jamais déçue. En témoigne les multiples réflexions et commentaires sur les dimensions de la bête et le professionnalisme des convoyeurs.
Partout, le convoi fut accueilli dans la joie et la bonne humeur : cors de chasse, galettes au sucre et café à Harcy, fanfare et bambins agitant des drapeaux à la gloire du héros du jour à
Rimogne, fresque géante à Laval-Morency, musique et enfants déguisés aux couleurs du 08/08/08 à Aubigny-les-Pothées, Rouvroy-sur-Audry ou Lépron-les-Vallées Une véritable ambiance de
vacances, de celle qu'on rencontre sur les routes du Tour de France.
Nombre d'élus et responsables d'associations n'avaient pas ménagé leurs efforts pour faire de la traversée de leur commune une véritable fête.
L'arrivée à Signy-l'Abbaye en apporta une nouvelle preuve éclatante : musique, festivités en tous genres pour petits et grands, débutées avant même l'arrivée de la bête, ont ponctué la fin
d'après-midi et une bonne partie de la soirée. Un barbecue géant a réuni plusieurs centaines de personnes dans une joyeuse ambiance. Sans pour autant troubler la sérénité de Woinic qui est resté
de marbre, pardon d'acier. Imperturbable, sans détourner le regard, toujours aussi majestueux, il a laissé la nuit l'envelopper. Il savait qu'une troisième étape l'attendait le lendemain. La
dernière, celle qui devait le conduire sur son lieu de résidence et où il allait enfin pouvoir s'offrir fièrement au regard de tous, après plus de deux décennies passées dans son fief de la
Vallée, auprès de son " père-créateur ".
Comme l'a d'ailleurs résumé, celui-ci, dès la première étape à Renwez, avec un brin d'émotion, " Woinic appartient désormais à tous les Ardennais ".
- Dernier rendez-vous ce jeudi 7 août sur les routes entre Signy-l'Abbaye et l'aire de Faissault-Saulces-Monclin, en bordure de l'A 34 pour la troisième et dernière étape. Pour découvrir le
trajet complet, lire notre article " l'itinéraire heure par heure " .