Mardi 23 septembre 2008
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13:00
Par Le Carolo
Un Carolo tabassé après avoir failli être écrasé
A deux doigts d’être écrasé alors qu’il traversait une rue du centre de Charleville
sur un passage protégé, un homme manifeste sa mauvaise humeur. Dans la seconde, le conducteur et son passager surgissent de leur véhicule et le passent littéralement à tabac. Vidéaste de 36 ans,
ce Carolo a consigné ses émotions sur un film. Pour garder des traces et dénoncer.
Pascal Béroudiaux, un Carolo de 36 ans qui a essuyé une pluie de coups en plein après-midi place Ducale, est resté très choqué par le déchaînement de violence. Il
filme ses émotions.
Comment réagiriez-vous si vous étiez agressé en plein cœur du centre-ville en plein après-midi ? Pascal Béroudiaux, lui, s'est assis devant sa caméra et il a filmé : son visage gonflé, son œil
tuméfié.
Dans son tout nouveau studio d'enregistrement, Pascal Béroudiaux, 36 ans, tourne avec du matériel professionnel et il raconte.
Dimanche, il est au téléphone portable place Ducale. Il traverse sur le passage piéton situé près du bar Le Caveau pour rejoindre la rue du Moulin.
Une voiture manque de le renverser. Il a alors un geste d'humeur : la main et le pied partent en direction du véhicule, et il vocifère une de ces expressions spontanées, du genre : « Ça ne va pas
la tête ».
Et puis, tout s'enchaîne.
Le conducteur de la voiture stoppe son véhicule quelques mètres plus loin. Il descend du véhicule ainsi que son passager et ils foncent droit sur le Carolo.
Pascal Béroudiaux a vécu dans un quartier difficile il y a quelques années, il sait, il sent que ça va déraper. Mais il n'imaginait pas à quel point.
« Les règles ont changé », dit-il. « À deux contre un, je ne pouvais que m'en prendre une belle ». Et c'est ce qui s'est passé : un coup de poing, un coup de genou, le vidéaste a le réflexe de se
cacher le visage dans son blouson. Mais il essuie une pluie de coups. Les témoins, aux terrasses des cafés, décrivent une violence inouïe, un
déchaînement de brutalité gratuite.
« On sentait qu'il y avait une nervosité excessive qui n'attendait qu'une étincelle pour exploser. C'était très impressionnant », indique l'un d'eux. « Tout ça pour une réflexion. Ça dégénère
vite quand même ». Et c'est ce qui fait réagir Pascal Béroudiaux.
« À les écouter, c'est moi qui les ai agressés ! Il y a des limites », répète-t-il posément. « Je n'admets pas de déchaînement de violence. La police est intervenue, elle a relevé les noms de
tout le monde. Je veux que ça aille jusqu'au bout ». Les difficultés de cohabitation piéton-voiture valaient-elles une telle escalade ? « Au grand jamais », estime Pascal Béroudiaux. « J'ai
déposé plainte, je suis allé aux urgences, j'ai vu mon médecin traitant. Je sais qu'il y a des drames plus importants mais je veux que justice soit faite. Parce que ce type de réaction est trop
dangereux ». Et le vidéaste de penser à d'autres que lui. « Dimanche, ça a été moi, mais ça aurait très bien pu être n'importe qui, une personne âgée, quelqu'un de plus fragile », plaide-t-il. «
Je trouve cette explosion de violence complètement disproportionnée et révélatrice d'un profond malaise social ». Est-ce parce qu'il est réalisateur qu'il a filmé son histoire ? Pascal Béroudiaux
pense que ça participe plus de la thérapie qu'autre chose. Ce qu'il veut avant tout, c'est garder une trace. Pour témoigner.
Et dénoncer.
Source : L'Ardennais du 19 septembre