Vendredi 3 octobre 2008
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Par Le Carolo
Dernier grand magasin français à enseigne familiale, la maison Jeanteur fête en 2008 ses 120 ans de présence sur la place Ducale. C'est pratiquement un
exploit commercial et économique.
Même si pour les clients des Magasins Jeanteur, le 120e anniversaire de l'enseigne rime surtout avec promotions et bonnes affaires, il n'en reste pas moins qu'on ne
peut détacher l'événement d'un certain contexte… peut-être pas encore polémique, du moins délicat. Explications. Jacques Jeanteur, l'actuel directeur des magasins -qui s'apprête d'ailleurs à
passer le flambeau à Aubin, son fils cadet- a commandé il y a plus d'un an à Claude Carton la rédaction d'un livre retraçant l'histoire de la famille Jeanteur, et de ses magasins. Ce que le
patron de l'agence 3C Communication (et par ailleurs président des Amis de l'Ardenne) a fait avec succès. Il s'est appuyé pour la partie allant de la fin du XIXe siècle à la Seconde guerre
mondiale sur les recherches de l'historien Gérald Dardart. L'ouvrage intitulé Jeanteur, les magasins est sorti officiellement hier. 177 pages, plus de 200 photos et illustrations couleur, une
mise en page attrayante (due à Marie Fürst, la fille aînée de Jacques et Marianne Jeanteur), un balayage de toute la saga Jeanteur, depuis Arthur et son premier magasin en 1865 à Sedan jusqu'à la
cinquième génération qui va poursuivre l'activité.
Louis de Funès étalagiste chez Devred
On comprend toute la singularité et l'éthique de cette famille qui n'a jamais touché aucun loyer sur ses immeubles pour préserver son dynamisme et sa capacité d'investissement. Cette famille qui
préfère parler de sa « communauté de travail » plutôt que de son « personnel » ou de ses « employés ». Le livre est aussi un panorama précis du contexte commercial carolo au fil des époques
(Troussel, Marcus, Pilla, Simonin, Carton, Bouvier-Cartier, etc.) et révèle une foule d'anecdotes inconnues. Qui savait en effet que l'acteur Louis de Funès avait été décorateur-étalagiste
en 1937 à Charleville, chez Devred ? Ou que la mère de Jean Mermoz avait travaillé chez Jeanteur ? Nombreuses photos anciennes de la ville, superbes reproductions, vieilles pubs du temps où on ne
parlait encore que de réclame, etc.
Cependant, le lecteur sera bien inspiré de ne pas zapper sur la préface de Jacques Jeanteur qui écrit « depuis le départ d'André Lebon (NDLR : maire jusqu'en 1977), les municipalités successives
n'ont pas considéré le commerce comme une activité économique intéressante. Nos milliers de clients se plaignent de plus en plus des problèmes de stationnement.
La décision de supprimer le stationnement sur la place Ducale, sans aucune compensation à proximité immédiate, met en péril l'animation commerciale de Charleville ». Lors de la célébration du
120e anniversaire des magasins carolos, mardi soir, Jacques Jeanteur, devant plus de deux cents personnes, a annoncé qu'il respectait les choix démocratiques mais qu'il allait résister fermement.
Ce à quoi le premier adjoint Philippe Pailla a répondu qu'en tant que fils de commerçant lui-même, il était sensible à leurs préoccupations… et que la ville allait « tout faire dans les mois à
venir pour accompagner la dynamique commerciale… Vous êtes un des piliers de l'activité de la ville… », a-t-il ajouté. Dossier à suivre.
Publié dans : Entreprises
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