Jeudi 4 décembre 2008 4 04 /12 /2008 01:00

On reste dans mon quartier d'Etion, pour aller dans la rue du Curé Meslier. Il faut toujours cliquer sur son nom pour savoir où se trouve cette rue.



Jean Meslier, né à Mazerny (Ardennes) le 15 juin 1664 et mort à Étrépigny le 17 juin 1729, est un prêtre et philosophe français qui fut le premier défenseur explicite de l'athéisme.

Né d'un père marchand, Jean Meslier devient, le 7 janvier 1689, curé d'Étrépigny dans ses Ardennes natales, et le restera jusqu'à sa mort.

Choisissant pour bonnes des femmes n'ayant pas atteint l'âge canonique (40 ans), sa conduite scandalise et lui vaut réprimandes et punitions de la part des autorités ecclésiastiques. Ses démêlés avec le châtelain du lieu lui en vaudront d'autres. Indigné par les mauvais traitements que fait subir le seigneur de Touilly aux paysans de sa paroisse, Jean Meslier les dénonce un jour en chaire de vérité. Sévèrement tancé par l'évêché, il ne fera plus parler de lui de son vivant mais donnera son avis par écrit, ce qui aura des répercussions considérables dans la littérature athée.

Penseur isolé, nourrissant des idées qu'il ne peut échanger, sa bibliothèque se compose, à côté de la Bible, des Pères de l'Église, et des comptes rendus des conciles, d'auteurs latins comme Tite Live, Sénèque, Tacite, Flavius Josèphe ainsi que de Montaigne, Vanini, La Bruyère, La Boétie, Pascal, Malebranche et Fénelon.

À partir des essais de Montaigne et de la Démonstration de l'existence de Dieu de Fénelon[1] — qu'il annote dans les marges — il rédige ses propres Pensées et sentiments, volumineux mémoire manuscrit recopié en trois exemplaires qu'il lègue clandestinement à ses paroissiens.

Ce testament philosophique fait de lui un précurseur des Lumières de tout premier plan. Il y est le premier à professer un athéisme sans concession tandis qu'il développe avant la lettre un matérialisme rigoureux et pose également en précurseur les bases d'une philosophie anarchiste, ainsi qu'une conception communiste de la société. [réf. souhaitée]

De nouvelles copies circulèrent sous le manteau. Voltaire, d'Holbach, Frédéric II de Prusse, Jean-Jacques Rousseau, Diderot, d'Alembert et l'ensemble des encyclopédistes les liront clandestinement et subiront l'influence de Meslier. Tout en restant dans l'ombre, Voltaire fait publier en 1762 des extraits de cette œuvre qui est si corrosive qu'il en réécrit et édulcore certains passages jusqu'à les rendre méconnaissables. L'athéisme radical du curé s'y trouve travesti en un déisme prudent. D'Holbach publia, quant à lui, Le bon sens du Curé Jean Meslier suivi de son testament.

Portée par la langue rugueuse de sa province, la pensée de Meslier annonce la Révolution française et, bien au-delà, le matérialisme, le communisme et l'anarchisme. Pour Régis Messac, le curé Meslier est un penseur libertin, « précurseur des philosophes qui proclameront bien haut leur croyance au progrès, et en la nécessité de ce progrès. »

Suite de sa biographie : ICI

Publié dans : Noms de rue - Communauté : Les blogs citoyens
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