Jeudi 29 janvier 2009
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16:30
Par Le Carolo
Henri Tincq, journaliste et spécialiste des religions, qui a été responsable de la rubrique des questions religieuses du journal Le Monde pendant 24 ans
jusqu'à l'année dernière, viendra donner une conférence à la médiathèque Voyelles vendredi à 18 h 30 sur le thème : Les religions, une menace ou
une chance pour le monde.
L'auteur des Catholiques (éditions Grasset, 2008) est invité par Les Amis de l'Ardenne et la ville de Charleville-Mézières.
Dans votre conférence, remontez-vous loin dans l'histoire des religions pour étayer votre démonstration ?
Non, je compte m'arrêter à la situation présente car il y a suffisamment de tensions actuellement dans le monde. Les religions sont devenues une sorte de moteur qui engendre un certain nombre de
conflits. Mais d'autre part, on peut essayer d'expliquer comment et pourquoi les religions peuvent être des facteurs de tolérance.
Vous limiterez-vous à parler des religions monothéistes ?
Sur ce thème précis, oui. L'actualité met l'accent principalement sur le judaïsme et l'islam. En Irak, l'islam sunnite et l'islam chiite sont encore en première ligne dans le conflit. Sans pour
autant porter le discrédit sur les religions monothéistes, il faut comprendre qu'elles sont traversées par des réaffirmations identitaires. Même si les autorités de ces religions condamnent les
dérives, il est difficile d'empêcher l'opinion publique de faire l'amalgame. Il y a une grande différence entre la tradition religieuse et l'instrumentation politique, surtout dans l'islam où la
question de l'autorité centrale n'a rien de commun avec ce qu'elle peut être dans les autres religions monothéistes.
Alors, chance ou pas pour l'humanité ?
Je suis comme tout citoyen : je suis inquiet des dérives extrémistes actuelles mais je crois que les religions restent des patrimoines considérables de valeurs, de convictions, et de paix.
Des sociétés sans conception d'une certaine transcendance religieuse, sans normes éthiques… seraient menacées par leur propre suicide ! Devant le vide des idéologies et des programmes politiques,
les religions peuvent encore servir de références. Les deux seuls dangers à éviter sont, à mon sens, la laïcité poussée à l'extrême et la dérive de type religieux du fait d'une instrumentation
identitaire.
Séance de dédicace à la librairie A Livre Ouvert (la Procure), rue Irénée-Carré, vendredi 30 janvier à 16 heures. Puis conférence à l'auditorium de la
médiathèque Voyelles à 18 h 30.
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